Et si vous fermiez les yeux … juste là ?

Et si vous fermiez les yeux … juste là ?

La plupart des tâches sont réalisées devant un écran d’ordinateur et génèrent rapidement une sensation de fatigue. Pour une détente immédiate, fermez les yeux durant quelques secondes, et relâchez tous les muscles autour des yeux. Une étude scientifique de l’université du Surrey indique même que fermer les yeux libère notre intelligence !

Voici donc une pratique de résilience que nous vous invitons à cultiver cette semaine :
Je pratique la relaxation instantanée, et ferme les yeux quelques secondes, plusieurs fois par jour.

Noël: 5 conseils pour une fin d’année sans stress

Noël: 5 conseils pour une fin d’année sans stress

Publication originale dans Féminin Bio le 11 décembre 2019

Pour certaines, les fêtes de fin d’année peuvent être synonymes de stress et d’angoisses, tant pour la préparation des repas que pour les achats de Noël. Ce sont pourtant des moments précieux qu’il est essentiel de vivre pleinement. Respirez, vivez votre Noël en mode slow life avec ceux que vous aimez.

Les fêtes approchent à grands pas et la magie de Noël commence à opérer… Pour préserver cette féérie, vivre des moments authentiques et préserver l’environnement, il est bon de faire entrer dans ce rituel de fin d’année de nouvelles bonnes pratiques en mode slow life !

Conseil 1 : Lâcher du lest

Dans nos modes de vie agités nous avons souvent tendance à tout porter à bout de bras et à tout vouloir gérer. Ce besoin de maîtrise se traduit par le fait de faire plusieurs choses à la fois pour faire en sorte comme le dit l’expression d’être au four et au moulin. Or ce mode de fonctionnement est épuisant et insidieusement celui-ci peut nous couper des autres. En voulant tout contrôler on ne laisse ainsi pas forcément la chance à ses proches de faire telle ou telle chose ou d’exprimer telle ou telle envie. Les fêtes sont l’occasion de travailler sur votre lâcher prise, tant bienfaiteur !

Lâcher prise ce n’est pas perdre le contrôle, c’est accepter ce qu’on ne peut pas changer, c’est rebondir sur une situation, c’est faire confiance à l’autre en déléguant. A ce propos, le fait de déléguer s’apprend. Il ne s’agit pas juste d’indiquer vaguement une tâche à faire, quitte à être déçu du résultat, mais bien à guider l’autre dans sa réalisation afin de réellement passer la main. Si vous organisez le repas de Noël, vous pouvez par exemple confier telle ou telle tâche de cuisine à vos proches. L’occasion de partager de jolis moments en prime.

Conseil 2 : Bienveillance et partage

S’ancrer dans l’instant présent est un conseil de circonstance. La pleine conscience au quotidien est de plus en plus plébiscitée. Durant les fêtes, celle-ci prend une place toute particulière car être pleinement présent à l’instant permet de vivre des moments en conscience avec ses proches, de savourer intensément ces moments de partage si précieux. Prendre le temps, observer ses proches, vraiment les écouter, offrir un compliment, sont autant de pistes pour savourer l’instant. Et la bienveillance est tout naturellement au rendez-vous. Essayez de laisser de côté tout jugement, de faire preuve d’empathie et de prendre du recul par rapport à d’éventuels griefs durant cette parenthèse chaleureuse.

Conseil 3 : La sobriété au rendez-vous

Durant les fêtes, on ne va pas se le cacher, tout est à profusion. Des cadeaux par dizaine, des tablées qui débordent… Place à la sobriété ! Pour le repas, prenez soin de préparer un menu bio, local et de saison. Côté quantité, nul besoin d’excès surtout lorsque l’on a de bons produits à cuisiner et à savourer. Cela évitera bien sûr le gaspillage mais facilitera aussi la digestion de tous les convives… Il n’est pas là question de se mettre à la diète mais bien d’éviter les excès qui peuvent facilement nous faire nous sentir lourd et fatigué en sortant de table. Il est aussi essentiel de réduire les déchets notamment en sélectionnant des aliments frais et non-transformés. Mais aussi côté table en évitant tout ce qui est vaisselle jetable et côté emballage cadeaux en privilégiant des emballages en tissu voir en papier recyclé.

Conseil 4 : Une déco fait maison

Tant pour la déco du sapin de Noël que pour la déco de votre table, misez sur des matériaux de récupération et/ou sur des matériaux rassemblés dans la nature. Pignes, bouquets de fleurs séchées, écorces (sur lesquelles inscrire le nom des invités par exemple) et autres vous permettront de faire entrer la nature dans votre intérieur, de vivre un moment en plein air et de stimuler votre créativité bonne pour le moral ! Quant aux matériaux de récup’, ceux-ci peuvent faire l’objet d’un petit atelier bricolage en famille pour fabriquer guirlandes, lanternes et autres décos à suspendre au sapin.

Conseil 5 : Des cadeaux à vivre

Et si plutôt que d’offrir un cadeau matériel vous offriez une expérience ? Un emballage en moins sous le sapin et surtout à la clé un vrai moment de vie à partager. Les idées insolites sont nombreuses tant dans le domaine des activités sportives, culturelles ou encore concernant l’hébergement.

Vous pouvez par exemple offrir une nuit dans une cabane dans les arbres, un vol en montgolfière ou encore une balade nocturne pour observer les étoiles depuis un observatoire. Ces expériences offertes sont intéressantes à tout point de vue : d’une part elles permettent de prolonger l’effet d’un cadeau, de faire en sorte que ce cadeau soit mémorable et d’autre part elles invitent à vraiment personnaliser ses présents, c’est-à-dire à prendre le temps de se relier aux aspirations profondes d’un proche pour viser au plus juste. Un cadeau qui fait sens à tous les niveaux !

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10 Tips for Rest, Recovery and Rejuvenation

10 Tips for Rest, Recovery and Rejuvenation

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The Season for Stillness

We tumble to the end of another warp-speed year. We spin through our tasks and grasp at floods of information.

We press too hard, too fast and for too long. Reservoirs are sucked dry. Self-awareness fades. Self-regulation is impaired. Your health and your relationships are at risk.

It is time to slow down, repair, rejuvenate and reconnect with what matters.

In a world of optimisation, ambition, pride and duty, we push hard on multiple fronts. The rest, recovery and rejuvenation cycle is squeezed out between ever shorter bursts of dopamine. We are child-like in our impulsive tapping, swiping, checking, buying, rushing, feeding… compelled to chase the next hit.

As I come to the end of 2019, I feel battered. My mind is a little flat. Attention is fragile. Relationships are edgy. I know I need a good break. I am struggling to disconnect, calm my hypervigilance, and allow the natural cycle of recovery. I sense it in our family, friends and colleagues.

Rest, recovery and rejuvenation (R3) is the next competitive edge. Ironic!

My end of year message it to give rest, recovery and rejuvenation your full attention.

At a cellular level, the R3 cycle is vital to repair and rejuvenation. It is the key to longevity and sits at the biochemical core of fasting, sleep quality, intense activity, meditation, and cold water baths. It is a promising solution that supports this process of slowing, cleaning and repairing hard working cells.

The R3 cycle is key to musculoskeletal strength and physical wellbeing. Intimacy, touch and dreaming (REM) sleep stimulate the R3 cycle for emotional wellbeing. The default network is the R3 cycle for cognition allowing us to focus, engage and refresh our minds.

Our end-of-year pause is an opportunity to capture the R3 cycle for life and family. Please make an effort to allow for adequate rest, recovery and rejuvenation as your year comes to an end. Engage your family in this process so that you may reconnect in more intimate ways.

Share what works well for you.

FRÉQUENCES SONORES : UNE SOLUTION POUR RÉDUIRE SON STRESS ET METTRE SON ESPRIT AU REPOS

FRÉQUENCES SONORES : UNE SOLUTION POUR RÉDUIRE SON STRESS ET METTRE SON ESPRIT AU REPOS

Publié le 13 août 2019 dans FémininBio.

“Vacances, j’oublie tout…“ Si ralentir le rythme est chose facile, mettre son cerveau en mode “veille“ peut s’avérer beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

 

L’été est pourtant le moment idéal pour débrancher et s’offrir un VRAI break salvateur. Mais comment s’y prendre pour réduire une activité mentale excessive ? Voici une piste intéressante qui peut vous amener progressivement sur le chemin du silence intérieur et vers une reconnexion avec votre être profond.

On a beau adopter la slow life pour quelques jours, jeter son réveil et son agenda Blackberry au fond d’un tiroir, enfiler un short et une paire de sandales, tout en laissant la brise estivale guider nos pas, notre “boîte à neurones“, elle, n’a pas dit son dernier mot : surentraînée à mémoriser, analyser, commenter et planifier tout au long de l’année, elle ne lâche pas si facilement l’affaire…

Vacances : repos du corps… et de l’esprit ?

Cependant, mettre en pause – ou tout du moins ralentir – cette “machine à pensées“ qui tourne H24 et 7 jours sur 7, peut sembler un défi insurmontable, compte tenu de la tendance naturelle de l’être humain à ressasser et à ruminer. Vieux dossiers non classés, jugements qui tournent en boucle, peurs chroniques… Au fil du temps, si aucun “reset“ n’est effectué, les pensées négatives récurrentes finissent par se cristalliser et se déposer dans le corps sous forme d’empreintes énergétiques, formant un limon toxique dans lequel maladies et autres dysfonctionnements peuvent prendre racine. D’où l’importance de restaurer le silence intérieur.

Le mental, une impitoyable “machine à pensées“

L’homme ne peut s’empêcher de penser, et souvent pour son propre supplice.“  Alain

Selon la NSF (The Public Health and Safety Organization), le nombre de pensées par jour varierait entre 12 000 et 60 000, en fonction des personnes et de leur état intérieur. Cela signifie que l’activité mentale produit en moyenne 45 000 pensées par jour, soit 1 pensée toutes les 3 secondes. Des chiffres qui ont de quoi faire tourner la tête (déjà bien agitée !), d’autant que toutes ces pensées ne concerneraient que le passé et l’avenir : “j’aurais dû faire ceci, ai-je bien fait de faire cela, pourrai-je faire ceci, comment vais-je faire pour cela“…

Pour Michel Le Van Quyen, chercheur en neurosciences à l’Inserm et auteur du livre Cerveau et silence, le verdict est sans appel : “Nous sommes esclaves de notre fonctionnement cérébral“. Autrement dit, tant que nous laissons inconsciemment nos pensées diriger notre vie, nous ne sommes plus maîtres à bord.

L’activité mentale excessive a un autre effet négatif : vivre “dans sa tête“ (donc soit dans le passé, soit dans le futur) nous déconnecte non seulement du moment présent et du flux naturel de la vie qui s‘écoule à chaque instant, mais également de notre corps, de nos ressentis, de notre intuition et de notre potentiel créatif. En nous identifiant à ce flot de pensées continu, nous nous maintenons à la surface de notre existence (l’ego), tels des bouchons de liège ballotés par une mer agitée, avec l’impression de “subir“ notre environnement et sans qu’il nous soit possible d’accéder à un espace bien plus essentiel de nous-mêmes (l’Essence). A contrario, en jugulant ce flot, la plongée dans nos profondeurs devient possible ; nous pouvons alors faire l’expérience merveilleuse de ce silence intérieur et nous reconnecter à notre Essence fondamentale.

Restaurer le silence intérieur grâce aux Baumes sonores®

De nombreux outils permettent aujourd’hui de venir à bout d’un mental envahissant, sans passer par une médication chimique. Une longue marche en pleine conscience dans la nature est une façon simple et accessible de se retrouver et d’expérimenter ce silence intérieur. La méditation, de son coté, propose de mettre à distance le flot des pensées, à travers une observation neutre et dénuée de tout jugement : “En observant mes pensées, je cesse de m’identifier à elles et diminue ainsi leur pouvoir“. Si les bénéfices de la méditation pour la santé et le bien-être ne sont plus à démontrer, beaucoup de personnes expriment cependant des difficultés à méditer. N’est pas yogi qui veut…

C’est décidé, j’adopte la slow life

C’est décidé, j’adopte la slow life

C’est décidé, j’adopte la slow life

Marre de vivre à 100 à l’heure ? Passez à la Slow life! Il ne tient qu’à vous de franchir le cap d’un autre rythme de vie. Et pour cela, pas de besoin de faire la révolution.

L’essentiel est d’oser lever le pied une première fois. Après, vous ne pourrez plus vous en passer !

Le « slow movement » qui a fait son apparition en 1986 attire depuis quelques années de plus en plus de Français. Adopter ce rythme particulier dans différents domaines permet de lutter contre le « fast living » omniprésent dans notre société contemporaine, tout en redevenant acteur de sa vie.  Et si l’on passait nous aussi à la slow life ?

La slow life c’est quoi ?
La slow life c’est une contre-culture qui prône une attitude de lâcher prise, pour vivre sa vie en pleine conscience et ne plus courir après. Comme le chante Oxmo Puccino, c’est « de l’audace contre le burn-out », qui permet d’échapper aux travers de notre société avant qu’il ne soit trop tard, tout en réduisant notre empreinte écologique.

À travers différents domaines comme la nourriture, les voyages, l’éducation ou encore la cosmétique, on choisit de prendre notre temps et de privilégier la qualité à la quantité pour ainsi atteindre la vie équilibrée qui nous correspond.

Comment passer à la slow life ?
On commence par se poser pour réfléchir à ce qui rend notre vie meilleure et ce qui nous échappe.

On prend ensuite le temps d’apprécier et de vivre pleinement ces moments qui nous sont chers mais aussi de renouer avec ceux qu’on ne maîtrise plus.

En pratique, on s’écoute ! On prend le temps de vivre au milieu des obligations quotidiennes et en dehors. On ne fait qu’une chose à la fois et on donne de la place à son ressenti, quoi qu’on fasse : travail, courses, jardinage, lecture, repas en famille, …

Et on débranche ! On revient à des valeurs simples dans lesquelles on profite de chaque moment sans se laisser distraire par les objets connectés et le temps qui passe.

Et ensuite ?
Au travail, a priori il ne semble pas y avoir de place pour le « slow movement ». Mais nos vies professionnelles à mille à l’heure qui engendrent souvent stress, baisse de moral, dépression voire burn-out sont la preuve qu’il est nécessaire de revoir ses priorités. 

Alors pour reconnecter avec le bien-être au travail tout en restant efficace, on travaille sur un  dossier à la fois, on n’effectue qu’une seule tâche à la fois et on pense à s’accorder une pause dès que les idées ne sont plus très claires ou avant d’accomplir une nouvelle tâche.

Et le soir ? On déconnecte ! On privilégie la marche, le vélo ou les transports en commun pour rentrer chez soi et on laisse les dossiers au bureau.

À la maison, on peut notamment opter pour la slow food en commençant par se remettre aux fourneaux avec des produits locaux, histoire de vivre aussi au rythme de la planète. L’idée est d’apprécier chaque instant passé à préparer et à déguster ces aliments de saison mais également de profiter pleinement des moments partagés avec nos convives.

En tant que parent, on offre à nos enfants la possibilité de goûter eux aussi à la slow life et de se reconnecter avec la nature. On leur laisse plus de liberté pour les aider à développer leur confiance en eux, on ne nourrit pas l’esprit de compétition dans la fratrie et on partage des activités de plein air avec chacun d’entre eux, au rythme qui leur est propre.

 

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Pourquoi les managers devraient méditer ?

Pourquoi les managers devraient méditer ?

Pourquoi les managers devraient méditer ?

La méditation de pleine conscience se développe dans les entreprises. Si elle est utilisée à bon escient, elle peut rendre les collaborateurs moins stressés… et aider les managers à prendre des décisions plus justes.

Le point avec Sébastien Henry, entrepreneur et auteur du livre « Ces Décideurs qui méditent et s’engagent » (éditions Dunod, 2014), ainsi qu’avec Dominique Steiler, directeur de la Chaire « Paix économique, mindfulness et bien-être au travail » à Grenoble Ecole de Management.

En quoi la mindfulness peut aider à la qualité de vie au travail (QVT) ?

Sébastien Henry : Les entreprises qui s’engagent dans la mindfulness en France font le pari que les collaborateurs ont besoin d’espaces de respiration, et que favoriser le bien-être au travail aura des effets positifs sur les performances de l’entreprise. Elles perçoivent aussi la méditation comme une réponse à un besoin de sens et d’apaisement. La “mindfulness”, ou “méditation de pleine conscience”, est un entraînement de l’esprit à être le plus possible dans l’instant présent. Ce travail intérieur permet de se relier davantage à l’essentiel, et à la meilleure partie de soi-même. Cela favorise aussi le lien aux autres, la qualité de travail dans les équipes, et un plus juste équilibre entre performance et bien-être.

Dominique Steiler : D’un point de vue individuel, la pleine conscience améliore la résilience des gens face à l’incertitude, mais aussi leur créativité. En outre, des recherches indiquent que la mindfulness peut permettre de mieux apprendre de ses erreurs : la méditation réduit le jugement de valeur, et permet à la personne d’avoir un regard plus bienveillant vis-à-vis d’elle-même.

Et pourquoi cela peut-il aussi se traduire par un meilleur management ?

SH : La méditation est connue du grand public pour ses bienfaits face au stress… Mais plus que cela, il s’agit d’un travail d’écoute intérieure, qui permet de prendre des décisions plus justes. Sa pratique aide à être à l’écoute d’une partie de nous-même que nous n’arrivons pas toujours à percevoir, parmi nos milliers de pensées. Car nos décisions sont en partie pilotées de manière automatique, et la pratique de la mindfulness permet d’améliorer le discernement que l’on a du contexte d’une situation vécue, et de prendre une décision plus ajustée, moins réactive.

Cela aide d’abord à une écoute plus attentive des collaborateurs : le manager qui pratique la méditation a une capacité d’écoute plus profonde. Sans cesse en réunion et assommé par les emails, il est  en ébullition mentale ; la mindfulness lui permet de réduire l’agitation de ses pensées – il a ainsi a une chance d’être plus présent à l’autre, et donc d’être davantage attentif et bienveillant.

L’idée serait aussi pour les managers de mieux gérer les conflits, d’un point de vue collectif…

DS : Les moments de stress que vit un manager dans son entreprise sont à 80 % liés à des dimensions relationnelles – des conflits, des tensions. L’un des intérêts de la pleine conscience, c’est de mieux comprendre comment on entre en relation avec les autres, afin de mieux gérer ces situations.

Le manager méditant aura de meilleures capacités à dire les choses, mais aussi à créer, dans son rôle managérial, des espaces de confiance suffisants pour que ses collaborateurs se sentent le droit de dire leur désaccord et de pointer du doigt des dysfonctionnements. Sachant que l’une des raisons du stress au travail, c’est la sensation du salarié d’être libre ou non de s’exprimer. De leur côté, les collaborateurs, s’ils pratiquent aussi la pleine conscience, seront aussi plus à même de dire les choses.

La mindfulness rend enfin la personne qui la pratique plus apte à identifier des « signaux faibles » dans leur environnement – par exemple, un manager qui ne médite pas et qui se trouve dans une relation tendue, réagira probablement en se défendant (évitement ou agression), et n’arrivera pas à capter ce qui se passe chez ses collègues ; alors que la pleine conscience permet de conserver une ouverture sur ce qui se passe dans l’environnement conflictuel, et donc de mieux gérer les conflits.

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Pour vous, la mindfulness permet aussi aux décideurs de prendre des décisions plus justes pour la société…

SH : Deux mondes s’ignorent, bien souvent : celui de la sagesse et celui des affaires. Mais la méditation est une pratique qui peut permettre de créer des ponts entre les deux. Les dirigeants peuvent prendre davantage de hauteur et avoir une vision plus profonde de la raison d’être de leur entreprise.

Car quand le décideur intègre certaines pratiques de sagesse dans son quotidien, cela finit par rejaillir positivement sur lui, ses équipes, mais aussi sur son entreprise… et le rôle qu’elle joue dans la société. Quand il ralentit et se met à l’écoute de l’essentiel, il peut alors prendre conscience que la façon dont son business est mené (“business as usual”) est essentielle. Une forte volonté altruiste d’apporter une contribution plus forte à la société peut alors émerger. Après avoir effectué ce “retour à soi”, il repart dans l’action avec des priorités différentes. Par exemple en portant plus d’attention au bien-être dans son entreprise, ou en inventant de nouveaux business models, services, produits ou modes d’organisation qui sont davantage au service de la planète ou des plus pauvres.

Peut-on parler d’un engouement pour la mindfulness dans les entreprises ? Est-ce un vrai besoin pour elles ?

SH : Je constate un intérêt croissant d’un certain nombre de décideurs pour la mindfulness, même si cela reste une minorité. Ce mouvement, loin d’être un effet de mode, correspond à un besoin fondamental, lié à l’omniprésence digitale actuelle : hyperconnectés, sans jamais pouvoir décrocher, nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir le besoin de disposer de moments de coupure, afin de nous déconnecter et de nous “reconnecter” à nous-mêmes.

DS : Se connecter à soi et à l’instant présent est une qualité présente en chacun de nous, mais d’une façon plus ou moins développée, et l’on sait que lorsqu’elle est bien développée, elle permet d’améliorer tout un ensemble de capacités chez la personne. Mais il ne peut pas y avoir d’obligation à pousser une personne à pratiquer la pleine conscience – cela doit être volontaire. Certes, de plus en plus d’entreprises pratiquent la mindfulness, notamment parce que la RSE est devenue prégnante dans leur culture, mais il faut faire très attention à la façon dont la méditation est utilisée.

Y aurait-il donc des risques de voir la méditation être instrumentalisée par certaines entreprises ?

SH : Sous la pression de la performance, certaines sociétés peuvent en effet être tentées d’utiliser la mindfulness en bout de chaîne, pour s’assurer seulement que les collaborateurs « tiennent le coup », sans réfléchir à l’organisation du travail elle-même. C’est la raison pour laquelle il est primordial que les dirigeants soient réellement impliquée dans le recours à cette pratique intérieure – s’ils en font l’expérience eux-mêmes, ils seront bien plus enclins à réfléchir sur les conditions de travail et un meilleur management, afin d’utiliser la méditation pour améliorer les choses.

DS : Le principal danger, c’est de ne pas se pencher correctement sur ce que pourrait apporter la pratique de la pleine conscience, et de croire qu’il s’agit simplement d’un outil de bien-être. On voit beaucoup d’entreprises qui l’installent dans un catalogue, comme s’il s’agissait d’un outil de bien-être, vers lequel elles risquent d’envoyer des personnes qu’elles identifient comme « n’allant pas bien », et ainsi de stigmatiser ces personnes… Tout en se dédouanant du travail à mener pour comprendre pourquoi elles ne vont pas bien – notamment des conflits entre personnes, et des dysfonctionnements organisationnels. 

Se lancer dans la méditation de pleine conscience ne semble pas simple pour un manager au planning surchargé…. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un “débutant” dans ce domaine ?

SH : De très bonnes applications mobiles, sérieuses, existent, comme Petit Bambou, ainsi que de nombreux ouvrages, afin de se « former » soi-même et de se renseigner sur la méditation de pleine conscience. Mais un manager “débutant” peut facilement trouver des ateliers et stages en présentiel, de grande qualité, comme le programme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), qui se déroule sur 8 séances, avec une garantie de laïcité et de rigueur. Même si le temps pour pratiquer paraît impossible à trouver dans une journée chargée, 5 à 10 minutes par jour consacrées à la méditationfont déjà la différence.

 

Courrier Cadres

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