L’intelligence ne suffit pas à prendre les bonnes décisions

L’intelligence ne suffit pas à prendre les bonnes décisions

Publication originale dans Harvard Business Review le  27/11/2019

Etre intelligent ne suffit pas à prendre les bonnes décisions.

Les journaux regorgent d’histoires de personnes intelligentes qui réussissaient jusqu’à ce qu’une erreur stupide les mène à leur perte. Un patron de la tech qui ne parvient pas à étouffer un scandale dans son entreprise. Un président d’université qui poste un tweet malencontreux à 2 heures du matin. Une écrivaine arrêtée pour ne pas avoir payé ses impôts alors que des décennies de droits d’auteur dorment sur son compte en banque.

Il s’agit de personnes qui ont atteint des positions que le monde entier leur envie, grâce à leur intelligence et à leur talent. Pourtant, ils commettent des erreurs énormes (et bien souvent évidentes) qui mettent parfois fin à leur carrière. Aussi intelligents et compétents soient-ils dans leur domaine, ils semblent apparemment incapables de prendre de bonnes décisions dans la vie en général.

Une étude récente explique bien le phénomène. Elle montre que, si l’intelligence brute peut expliquer certaines réussites dans la vie, elle est loin de garantir un bien-être futur. D’après l’auteure de l’étude, Heather Butler, les compétences en analyse critique sont bien plus annonciatrices de choix de vie positifs que l’intelligence brute.

Surtout, le travail d’Heather Butler soutient l’idée que l’esprit critique peut être appris et développé, contrairement au QI, qui est en grande partie génétique. Il est possible de mieux raisonner « en s’y entraînant, explique-t-elle, et il a été prouvé que les bénéfices sont durables. » Cela signifie que, quelles que soient les qualités que l’on ait tirées à la loterie génétique, on est en mesure de réussir si l’on a accès à une formation à l’analyse critique.

Alors, comment se fait-il que la formation à l’analyse critique ne soit pas plus centrale dans nos écoles et dans nos collectivités ? Dans une étude de 2016, plus de la moitié des entreprises interrogées déclaraient que leurs nouveaux collaborateurs n’étaient pas suffisamment formés à des formes efficaces d’analyse critique. Cela se traduit en opportunités de croissance ratées, tant à l’échelle individuelle qu’à celle de l’économie en général. Que pouvons-nous y faire ?

Libérer l’intelligence

Avant de répondre à cette question, je voudrais revenir sur l’étude d’Heather Butler. Le QI et les compétences d’analyse critique de 244 adultes, âgés de 19 à 28 ans, ont été évalués. En ce qui concerne l’esprit critique, c’est leur capacité à tester des hypothèses et à résoudre des problèmes qui a été mesurée. On leur demandait également de dresser « un inventaire des événements de leur vie », incluant des événements négatifs comme regretter la publication d’un post sur les réseaux sociaux, se faire expulser de son appartement ou arriver régulièrement en retard au travail.

Quels ont été les résultats ? Les personnes dotées de bonnes compétences d’analyse critique « connaissent moins d’événements négatifs dans leur vie » que celles qui ont un QI élevé. L’étude montre une corrélation entre l’esprit critique et le fait d’éviter un large éventail de situations négatives. Ceux qui font preuve d’esprit critique sont moins susceptibles de faire état d’éléments comme d’importants crédits à la consommation, un divorce ou des SMS envoyés au volant.

Cette étude participe à montrer qu’« être intelligent » n’est pas la même chose que « bien réfléchir ». Réussir dans la vie ou dans son travail nécessite plus que de l’intelligence brute. Nous devons être capables de résoudre des problèmes, de travailler sur des projets ouverts, de gérer notre attention, de nouer des relations avec les autres, de nous mettre à leur place, de communiquer et de débattre efficacement, et de réfléchir de manière indépendante et objective. Ce sont des compétences auxquelles les employeurs accordent de la valeur et qui permettent de réussir et d’évoluer vers des postes de direction.

Qui plus est, ce genre de compétences nous permettent d’utiliser notre intelligence à bon escient. Beaucoup de gens très intelligents n’apprendront jamais à utiliser leur intelligence de manière productive pour résoudre des problèmes au travail, par exemple. Ils ne sauront jamais passer de l’idée à la pratique et transformer leur brillante intuition en réussite commerciale.

L’esprit critique nous permet d’avoir une vision large et exhaustive des possibilités offertes par une situation donnée, ainsi qu’une appréciation réaliste de nos forces et de nos faiblesses. C’est ainsi que nous pouvons libérer notre intelligence, en nous permettant non seulement d’éviter des conséquences négatives mais aussi de générer des effets positifs.

Recruteurs et chefs d’entreprises recherchent de plus en plus ces compétences d’analyse critique chez leurs salariés. Pour réussir et avancer dans leur carrière, les jeunes collaborateurs doivent être capables d’interpréter et d’analyser des preuves, de prendre en compte des points de vue différents, d’interroger des hypothèses et de dépasser les biais. Lorsque leurs collaborateurs ne sont pas capables de prendre de nouvelles responsabilités, de travailler de manière autonome ou de résoudre des tâches complexes et ouvertes, les entreprises en pâtissent. En outre, les compétences et les habitudes d’analyse critique prennent de plus en plus d’importance dans un environnement de travail où les progrès technologiques ont conduit à l’automatisation d’un grand nombre de tâches techniques.

Certaines de ces compétences d’analyse critique vont bien entendu se développer au travail. Certaines connaissances pratiques ne s’acquièrent qu’avec l’expérience. Mais la recherche sur l’esprit critique donne des pistes à la fois aux entreprises qui veulent que leurs collaborateurs acquièrent ces précieuses compétences, et aux écoles qui tentent de préparer les élèves aux défis professionnels qui les attendent. Trop souvent, les écoles n’arrivent pas à former leurs élèves aux types de tâches et aux défis auxquels ils feront face dans leur vie future.

Apprendre l’analyse critique

La manière dont l’analyse critique doit être enseignée fait encore débat. Certains prônent l’enseignement de l’esprit critique à part du reste du cursus, tandis que d’autres défendent l’intégration de l’éducation à l’analyse critique dans l’enseignement d’autres matières. En fait, une méta-analyse de 2015 montre que les deux méthodes produisent de bons résultats.

Dans cet esprit, l’ancienne présidente de Pepsi, Indra Nooyi, encourage les écoles de commerce et de management à étudier moins de cas, mais plus en profondeur. Elle milite pour l’utilisation des cas pratiques comme cadre permettant aux étudiants d’acquérir une vision plus globale des différents enjeux. Le but est de ne pas limiter la compréhension des décisions prises à leurs conséquences à court-terme sur les activités de l’entreprise mais de l’étendre à leurs effets sur l’environnement socio-économique et politique.

Les cartes argumentaires sont également « très efficaces pour enseigner l’analyse critique », si l’on en croit un article à paraître. Un de leurs principaux bénéfices est qu’elles attirent l’attention des étudiants sur les inférences. Elles peuvent aussi les aider à améliorer leur lecture critique. En traduisant du texte en cartes argumentaires, ils s’entraînent à repérer les sauts logiques ou les moments où un auteur fait des suppositions implicites ou infondées.

Une étude a démontré l’efficacité de la cartographie argumentaire dans les cours de marketing et de finance. Une autre suggère qu’elle prépare les étudiants en management aux problèmes difficiles auxquels ils devront faire face dans des environnements de travail complexes où de multiples facteurs entrent en jeu et où le meilleur plan d’actions ne se dessine pas toujours clairement.

Une autre encore prouve que la cartographie argumentaire est plus efficace que les approches classiques de l’analyse critique : les étudiants ayant utilisé des cartes argumentaires pendant dix semaines voient leurs compétences d’analyse critique s’améliorer autant que celles d’un étudiant ayant suivi un enseignement plus conventionnel de l’analyse critique pendant quatre ans. Certains logiciels de cartographie argumentaire ont d’ailleurs été spécifiquement conçus pour aider à la prise de décision dans le monde des affaires.

Quelle que soit la technique employée, l’esprit critique doit devenir une priorité dans les cursus scolaires et universitaires, ainsi que dans la formation professionnelle. La première étape consiste tout simplement à reconnaître que l’esprit critique est devenu une qualité essentielle dans la vie. En particulier dans un environnement économique complexe et mouvant, il est crucial que les jeunes développent d’importantes compétences liées à la réflexion, qui leur permettront de faire face à de nouveaux défis, de prendre des décisions éclairées et de raisonner de manière créative et critique.

Quelles sont les trois actions principales que je souhaite accomplir aujourd’hui ?

Quelles sont les trois actions principales que je souhaite accomplir aujourd’hui ?

En établissant des priorités, vous créez davantage de clarté et vous guidez votre énergie vers ce qui compte le plus. En vous concentrant, vous devenez plus efficace et augmentez en définitive votre satisfaction au travail.

Voici donc une pratique de résilience que nous vous invitons à cultiver cette semaine :
Je prends trois minutes chaque matin pour clarifier mes priorités et décider des trois sur lesquelles je veux me concentrer.

FULFILMENT

FULFILMENT

Research Highlight: Fulfilment is a super skill

Of the most successful 10% of people in a sample of 21,000, 91% scored “I am contented, joyous and fulfilled” with ‘very often’ or ‘nearly always’.

Sadness (disappointment), fear (anxiety) and anger (frustration) are easy emotional traps to fall into. Far too many indulge in these destructive reactions. They will leave you in perpetual freeze, flight and fight states. This is deep suffering and ineffective.

Only 4% of the least resilient people score fulfilment with ‘very often’ or ‘nearly always’.

Question: What is the constructive emotion for this moment?

Condition: Be intolerant of complaint, frustration and blame

Discipline: Actively seek positive emotional expression

Caution: When necessary, tell your truth with courage and empathy

What you can do right now?

  1. In every moment – even the darkest – there is a positive response. In sadness there is learning and growth. In fear there is courage and calm. In anger there is tolerance and altruism. Be assertive in searching and expressing the positive response.
  2. Complaint spreads discomfort. Reject it. Frustration disables you. Reject it. Blame steals your power. Reject it. Respect, experience and name these negative reactions. They are real. Use the signal to say “NO”. Seek the positive angle.
  3. Learn to strengthen your positive emotions. If sad, seek the lesson learned. Be grateful. If afraid, seek calm presence. Be content. If angry, seek kindness. Be compassionate. If fatigued, seek energy. Be resilient.

Positive emotions are like muscles. If you work on them, they will get stronger. Even the toughest moments can be fulfilling. Enjoy your discomfort. Appreciate the moment. Strengthen your joy.

In the background:

  • Secure your sleep
  • Stay physically fit
  • Relax, breathe or meditate
  • Work on connection with those who matter to you
PURPOSE

PURPOSE

Research Highlight: purpose is a super skill

Of the most successful 10% of people in a sample of 21,000, 96% scored “my purpose in life is clear and meaningful” with ‘very often’ or ‘nearly always’.

Question: What is my purpose? Describe with clarity and meaning

Condition: Step back, up and take a wide view of what matters

Discipline: Connect and leverage all you do to your purpose

Caution: Keep a sense of humour, laugh and play

If you cannot define and describe what matters to you, you leave yourself exposed to distraction, seduction and procrastination. You will become a victim to the purpose of others. Your success will be compromised.

Only 6% of the least resilient people score purpose with ‘very often’ or ‘nearly always’. Poorly defined purpose leads to suffering.

What you can do right now?

  1. Your life is rich and diverse. There is no right or perfect purpose. Each of us must seek to define what really matters. Consider the times that you felt your life or activity was optimally on track. Joy and engagement are the signals to seek. Imagine your life with more of these times. What purpose would you be serving?
  2. It is essential to step back and remove the daily busyness and distraction. Find a perspective where you can take a wide view of life. What work needs to be done. Where are your particular skills best deployed? How do you want to feel? Who do you want to contribute to? What would you most love to achieve? Right down what this purpose would look like in action.
  3. Be courageous and look for ways to reduce those parts of your day that are not on purpose. Where could you increase the amount of time that would be spent on your purpose. Do what is not on purpose in the aim of getting back on purpose. Share your written purpose with others. Seek helpful feedback. Ask for help.
  4. Being on purpose all the time can be boring, overwhelming or intimidating to others. Don’t be too serious. Welcome failure and learn. Laugh when you go off track. Forgive yourself and make time to play. Seek nature and creative expression.

Building purpose takes time, experimentation and setbacks. The more accurately you can describe your purpose the more you will access your motivation and intuitive decision-making.

Comment allez-vous alimenter le « système-infos » aujourd’hui ?

Comment allez-vous alimenter le « système-infos » aujourd’hui ?

Nous avons tous tendance à être débordés par la profusion d’information. On dit que nous ingurgitons en une journée autant d’informations que ce à quoi nos ancêtres étaient exposés durant toute une vie. L’ «infobésité » nous guette ! Quand je consomme et produis de l’information avec conscience, je favorise la présence et l’attention. 

Voici donc une pratique de résilience que nous vous invitons à cultiver cette semaine:

Je veille particulièrement à mon « régime-infos », en étant attentif à l’information que je consomme, produis et partage.

FOCUS

FOCUS

By 

 

Research Highlight: Focus is a super skill

Of the most successful 10% of people in a sample of 21,000, 94% scored “my mind is clear and focused” with ‘very often’ or ‘nearly always’.

Question: What meaningful activity will I complete today?

Condition: Clear your mind of distraction and clutter

Discipline: Hold intense, steady and sharp attention on task

Caution: Take regular breaks to rejuvenate and keep perspective

Distraction, uncertainty and self-doubt rule. Every day, thousands of interruptions, concerns and risks will present. For those who do not understand, train and continually improve focus, it is a very dangerous time indeed.

Only 4% of the least resilient people score focus with ‘very often’ or ‘nearly always’. Lack of focus leads to suffering.

What you can do right now?

  1. Select a meaningful task each day of the week. Start with making your bed or eating well. Once you have your basic daily routines sorted, then shift to one meaningful work or career goal. For example: today I will complete my new CV. Rest at least one day of the weekend – no important task.
  2. Clear your mind. Focus is impossible when lost in floodwaters of distraction. One by one, clear it away. Select your focus window during which your phone, e-mail, music, food and drink options are not available. Be comfortable but alert. Relax your awareness into the moment. Allow all frustration, anger, anxiety, fear, disappointment and sadness to drop away. Detach your mind from thoughts that arise and gently return to the present moment.
  3. Build intense focus. Select the focus required for the immediate task in front of you. Direct your attention fully at this task. Zoom in so that you can see the detail in fine granularity. Keep the beam of attention firmly on the current execution of your skills. Learn to recognise when focus fades, take a break and refocus.

Building powerful focus will take time and practice. Select achievable goals and define your time periods carefully. Pay attention to what works.

In the background:

  • Secure your sleep
  • Stay physically fit
  • Relax, breathe or meditate