Publication originale dans Forbes.com le 10 décembre 2019

70 % des dirigeantes françaises se déclarent confiantes dans la croissance de leur entreprise pour les trois prochaines années. Pour elles, les critères ESG vont être primordiaux, d’après le “Global Female Leaders Outlook” de KPMG

Une confiance en la croissance, des critères ESG jugés comme primordiaux, l’agilité et la résilience comme valeurs motrices… Voilà ce qu’il y a dans la tête des dirigeantes françaises d’après la seconde édition du “Global Female Leaders Outlook” de KPMG. Dans un contexte économique en perpétuelle mutation, les femmes dirigeantes se montrent davantage confiantes dans les perspectives de croissance de leur entreprise par rapport à la croissance économique mondiale. 

Ainsi, 7 femmes dirigeantes françaises sur 10 se déclarent confiantes en l’avenir de leur entreprise pour les 3 prochaines années et 64 % sont confiantes dans les perspectives de croissance de leur secteur. contre 58 % dans le monde). 57 % anticipent une croissance de leur chiffre d’affaires de plus de 2 % dans les trois prochaines années. 15 % estiment qu’il devrait progresser de plus de 10 % durant cette période.

A l’échelle mondiale, 70 % des femmes dirigeantes se déclarent confiantes dans la croissance de leur entreprise pour les 3 prochaines années. Sur cette même période, seulement 38 % des femmes dirigeantes se déclarent confiantes dans les perspectives de croissance de l’économie mondiale, contre 60 % des dirigeants. Plus de la moitié des femmes dirigeantes estiment que la croissance organique sera la meilleure stratégie pour atteindre les objectifs de croissance.

Le risque environnemental ne sera pas un frein 

A la différence des hommes dirigeants, le risque environnemental lié au changement climatique n’est pas considéré comme étant le premier frein à la croissance par les femmes dirigeantes. L’étude révèle que seulement 5 % des femmes dirigeantes dans le monde considèrent le risque environnemental comme un frein à la croissance des entreprises.

Le risque lié aux technologies émergentes se place en tête des risques susceptibles de mettre en péril la croissance des entreprises pour 23 % des femmes dirigeantes dans le monde.

En France, le risque réglementaire est considéré comme étant le premier frein à la croissance pour les femmes dirigeantes (25 % vs. 17 % dans le monde), suivi par le risque lié aux technologies émergentes (18 % vs. 23 % dans le monde) et le risque lié à la gestion et à la fidélisation des talents (18 % vs. 12% dans le monde).

Une stratégie de croissance sur le long terme, incluant les critères ESG

Bien que le risque environnemental ne soit pas considéré comme le principal frein à la croissance des entreprises, l’impact environnemental et sociétal occupe une place significative dans les motivations des dirigeantes, au même titre que leurs homologues masculins.

8 dirigeantes sur 10 estiment qu’il est de leur responsabilité de faire concorder les critères ESG de leur entreprise avec les valeurs de leurs clients, notamment par la mise en place de politiques d’énergies propres et renouvelables. En France, 75 % des dirigeantes présentent les mêmes motivations, contre 60 % des dirigeants français.

Afin de faire face aux mutations économiques, environnementales et technologiques, les dirigeantes sont davantage motivées par la mise en place d’une stratégie de croissance sur le long terme, en intégrant notamment les critères ESG dans leur politique de croissance (34 % des dirigeantes vs. 11 % des dirigeants), plutôt qu’une vision stratégique à court-terme, orientée profit (1 % des dirigeantes vs. 22% des dirigeants). Ces motivations personnelles sont également partagées par 43 % des dirigeantes françaises.

Agilité et résilience 

Dans cet environnement très volatile, 82 % des dirigeantes à travers le monde estiment que l’agilité est un nouveau prérequis pour leurs entreprises (vs. 67 % des dirigeants). A défaut, celles-ci risquent d’être dépassées par la concurrence. En France, ce constat est partagé par près de 8 dirigeantes sur 10.

Les dirigeantes estiment qu’une entreprise résiliente doit être en mesure de s’adapter rapidement à un environnement professionnel en mutation (81 % des dirigeantes vs. 23 % des dirigeants). 75 % des dirigeantes françaises partagent cette vision. Du point de vue du dirigeant, une entreprise est résiliente lorsqu’elle protège son cœur de métier dans un premier temps (36 %). Les genres doivent encore beaucoup des différentes visions que peuvent avoir des chefs d’entreprise…

 

Ecrit par Maurice Midena 

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