Les 10 vraies raisons derrière la méditation en entreprise

Les 10 vraies raisons derrière la méditation en entreprise

Publication originale le 5 septembre 2019 dans Huffington Post.

Les bienfaits de la méditation en entreprise ne sont plus à prouver et les entreprises l’ont bien compris.

MÉDITATION – La vie professionnelle dans la plupart des entreprises est devenue trépidante. Le rythme est extrêmement soutenu et le stress devient un “mode de vie”. Les collaborateurs et les managers rencontrent des difficultés croissantes à maintenir leur attention, leur résilience et à favoriser une ambiance de collaboration constructive leur permettant de conduire le changement harmonieusement.

[…]

Les résultats provenant de la recherche neuroscientifique montrent que de nouvelles voies émergent pour réduire le stress, renforcer la résilience, la satisfaction au travail et la collaboration. Un aspect central de ces approches est la formation aux pratiques de la “mindfulness” ou pleine conscience, une méthode qui a déjà fait ses preuves dans les secteurs de la prévention du burn-out.

Plus de 3000 études de recherche ont mis en évidence les impacts qu’apporte une pratique régulière de 10 minutes de mindfulness au quotidien.

Une réduction significative du stress et un renforcement de la résilience

Quand nous méditons, nous synchronisons corps et esprit et, ce faisant, nous activons le système nerveux parasympathique qui diffuse dans notre corps toutes les hormones de la détente. En quelques minutes, nous pouvons réduire nettement le niveau d’hormones du stress dans notre organisme.

Nous nous entraînons également à lâcher prise des pensées qui détournent notre attention de la respiration, et apprenons ainsi progressivement à reconnaître et à lâcher prise de nos ruminations, ces soucis en boucle qui nous prennent littéralement la tête et amplifient notre stress.

Une attention et une concentration renforcées

Lorsque nous pratiquons la méditation, nous entraînons notre esprit à rester attentif à la respiration. Quand nous constatons qu’un train de pensées a perturbé notre attention et l’a détournée de la respiration, nous reconnaissons cette distraction, lâchons prise et reposons notre attention sur le souffle: nous cultivons ainsi le muscle du contrôle exécutif, celui qui choisit l’objet de notre attention.

De la même façon, quand nous travaillons de façon concentrée sur la rédaction d’un projet, la lecture d’une note, une conversation, une réunion, et que nous sommes interrompus par une sollicitation quelconque, nous pouvons activer le réseau neuronal du contrôle exécutif de l’attention, reconnaître la distraction et choisir consciemment l’objet de notre focus.

Une amélioration de la capacité à rester calme et lucide dans les moments de crise

Nos émotions se manifestent dans notre corps, et pas simplement dans notre cerveau. Les sensations corporelles sont donc la clé pour faire l’expérience consciente de nos émotions. La pleine conscience du corps que nous cultivons par une pratique régulière de mindfulness nous permet tout d’abord de remarquer et reconnaître nos émotions lorsqu’elles surgissent, puis d’apprendre à demeurer avec elles et de les laisser être, pour enfin décoder leur message et les traiter objectivement.

Une meilleure acceptation des situations de travail et une augmentation de la satisfaction dans la vie professionnelle

Grâce à la mindfulness, nous cultivons notre capacité à être attentif à l’instant présent. Nous sommes moins soucieux, plus détendus, plus conscients de nos perceptions sensorielles et donc beaucoup plus à même d’apprécier les plaisirs simples de la vie: un bon repas, une tasse de thé, un rayon de soleil, le sourire d’un collègue, un projet qui avance dans le bon sens, une réunion créative.

Tout ce que nous pourrions rater si nous étions embarqués ailleurs dans nos activités mentales, nous en prenons conscience et l’apprécions. Et grâce au processus de neuroplasticité, plus nous sommes conscients de ces petits instants de plaisir, plus nous cultivons et renforçons notre aptitude au bien-être.

Une baisse de la charge de travail perçue 

Nous avons tous trop de travail. Pour cette raison, il nous arrive très souvent de penser à tout ce qu’il nous reste à faire. Alors même que nous sommes occupés à faire quelque chose, notre esprit est déjà sur le “coup d’après”, ce qui nous déconcentre et augmente notre stress.

En nous entraînant à revenir sur l’instant présent, la pratique de la méditation nous permet de réduire la perception de la charge de travail et de pouvoir réellement nous concentrer et apprécier ce que nous sommes en train de faire.

Une créativité accrue

Difficile d’être créatif lorsque notre esprit est agité, stressé et rempli de pensées ou émotions parasites. Pour que de nouvelles idées puissent surgir des profondeurs de notre conscience, il est essentiel d’avoir l’esprit calme et clair. En nous entraînant à lâcher prise des pensées discursives et de l’agitation mentale, la méditation nous permet progressivement de retrouver la clarté et le calme naturel de l’esprit propices à l’intuition et à la créativité.

Une amélioration significative des relations d’équipe

Le risque de ne plus être connecté à notre intelligence sociale est aujourd’hui d’autant plus fort que nos journées de travail sont extrêmement fragmentées par d’innombrables interruptions, limitant ainsi notre capacité à engager des conversations en profondeur, que la communication se digitalise de façon croissante, réduisant les signaux corporels, les opportunités de questions, d’échange et de résonance et enfin qu’un niveau de stress élevé coupe l’accès à notre empathie et à notre bienveillance.

Grâce à la pleine conscience, nous pouvons apprendre à mieux nous accorder aux autres afin d’être plus conscients de leurs émotions et des nôtres. Une pratique très concrète consiste à renforcer notre empathie au travers de conversations en pleine conscience, particulièrement adaptées si vous ressentez le besoin d’écouter ou de parler avec un collaborateur en cas de conflit, de décision difficile à prendre ou de changement important.

Une augmentation de l’engagement des collaborateurs

De nombreux changements échouent. Ils n’échouent pas parce qu’ils ne sont pas nécessaires ni parce qu’ils ont été mal analysés. Ils échouent parce qu’ils provoquent une résistance sociale et émotionnelle. Intégrée dans la façon dont nous communiquons, la pleine conscience permet de nous relier à ces résistances émotionnelles, de les intégrer dans notre prise de décision, de renforcer l’intelligence collective et de faire émerger des entreprises plus agiles.

Une capacité de prise de décision clarifiée et un leadership plus authentique

L’authenticité est regardée de façon croissante comme l’un des attributs essentiels d’un leader, surtout dans notre monde actuel stressant et incertain. Un leadership authentique requiert du courage, de la vitalité, de la stabilité émotionnelle, de la sagesse ainsi qu’un sens personnel de la responsabilité du bien-être de ses employés. Tous ces aspects peuvent être et ont été traditionnellement cultivés par les pratiques de mindfulness.

Si certains de ces éléments résonnent avec la culture de votre société, n’hésitez pas à proposer à vos salariés ou collègues d’essayer de pratiquer la méditation tous ensemble. 

Article écrit par Petit Bambou.

 

FRÉQUENCES SONORES : UNE SOLUTION POUR RÉDUIRE SON STRESS ET METTRE SON ESPRIT AU REPOS

FRÉQUENCES SONORES : UNE SOLUTION POUR RÉDUIRE SON STRESS ET METTRE SON ESPRIT AU REPOS

Publié le 13 août 2019 dans FémininBio.

“Vacances, j’oublie tout…“ Si ralentir le rythme est chose facile, mettre son cerveau en mode “veille“ peut s’avérer beaucoup plus difficile qu’il n’y paraît.

 

L’été est pourtant le moment idéal pour débrancher et s’offrir un VRAI break salvateur. Mais comment s’y prendre pour réduire une activité mentale excessive ? Voici une piste intéressante qui peut vous amener progressivement sur le chemin du silence intérieur et vers une reconnexion avec votre être profond.

On a beau adopter la slow life pour quelques jours, jeter son réveil et son agenda Blackberry au fond d’un tiroir, enfiler un short et une paire de sandales, tout en laissant la brise estivale guider nos pas, notre “boîte à neurones“, elle, n’a pas dit son dernier mot : surentraînée à mémoriser, analyser, commenter et planifier tout au long de l’année, elle ne lâche pas si facilement l’affaire…

Vacances : repos du corps… et de l’esprit ?

Cependant, mettre en pause – ou tout du moins ralentir – cette “machine à pensées“ qui tourne H24 et 7 jours sur 7, peut sembler un défi insurmontable, compte tenu de la tendance naturelle de l’être humain à ressasser et à ruminer. Vieux dossiers non classés, jugements qui tournent en boucle, peurs chroniques… Au fil du temps, si aucun “reset“ n’est effectué, les pensées négatives récurrentes finissent par se cristalliser et se déposer dans le corps sous forme d’empreintes énergétiques, formant un limon toxique dans lequel maladies et autres dysfonctionnements peuvent prendre racine. D’où l’importance de restaurer le silence intérieur.

Le mental, une impitoyable “machine à pensées“

L’homme ne peut s’empêcher de penser, et souvent pour son propre supplice.“  Alain

Selon la NSF (The Public Health and Safety Organization), le nombre de pensées par jour varierait entre 12 000 et 60 000, en fonction des personnes et de leur état intérieur. Cela signifie que l’activité mentale produit en moyenne 45 000 pensées par jour, soit 1 pensée toutes les 3 secondes. Des chiffres qui ont de quoi faire tourner la tête (déjà bien agitée !), d’autant que toutes ces pensées ne concerneraient que le passé et l’avenir : “j’aurais dû faire ceci, ai-je bien fait de faire cela, pourrai-je faire ceci, comment vais-je faire pour cela“…

Pour Michel Le Van Quyen, chercheur en neurosciences à l’Inserm et auteur du livre Cerveau et silence, le verdict est sans appel : “Nous sommes esclaves de notre fonctionnement cérébral“. Autrement dit, tant que nous laissons inconsciemment nos pensées diriger notre vie, nous ne sommes plus maîtres à bord.

L’activité mentale excessive a un autre effet négatif : vivre “dans sa tête“ (donc soit dans le passé, soit dans le futur) nous déconnecte non seulement du moment présent et du flux naturel de la vie qui s‘écoule à chaque instant, mais également de notre corps, de nos ressentis, de notre intuition et de notre potentiel créatif. En nous identifiant à ce flot de pensées continu, nous nous maintenons à la surface de notre existence (l’ego), tels des bouchons de liège ballotés par une mer agitée, avec l’impression de “subir“ notre environnement et sans qu’il nous soit possible d’accéder à un espace bien plus essentiel de nous-mêmes (l’Essence). A contrario, en jugulant ce flot, la plongée dans nos profondeurs devient possible ; nous pouvons alors faire l’expérience merveilleuse de ce silence intérieur et nous reconnecter à notre Essence fondamentale.

Restaurer le silence intérieur grâce aux Baumes sonores®

De nombreux outils permettent aujourd’hui de venir à bout d’un mental envahissant, sans passer par une médication chimique. Une longue marche en pleine conscience dans la nature est une façon simple et accessible de se retrouver et d’expérimenter ce silence intérieur. La méditation, de son coté, propose de mettre à distance le flot des pensées, à travers une observation neutre et dénuée de tout jugement : “En observant mes pensées, je cesse de m’identifier à elles et diminue ainsi leur pouvoir“. Si les bénéfices de la méditation pour la santé et le bien-être ne sont plus à démontrer, beaucoup de personnes expriment cependant des difficultés à méditer. N’est pas yogi qui veut…

Pourquoi les managers devraient méditer ?

Pourquoi les managers devraient méditer ?

La méditation de pleine conscience se développe dans les entreprises. Si elle est utilisée à bon escient, elle peut rendre les collaborateurs moins stressés… et aider les managers à prendre des décisions plus justes.

Le point avec Sébastien Henry, entrepreneur et auteur du livre « Ces Décideurs qui méditent et s’engagent » (éditions Dunod, 2014), ainsi qu’avec Dominique Steiler, directeur de la Chaire « Paix économique, mindfulness et bien-être au travail » à Grenoble Ecole de Management.

En quoi la mindfulness peut aider à la qualité de vie au travail (QVT) ?

Sébastien Henry : Les entreprises qui s’engagent dans la mindfulness en France font le pari que les collaborateurs ont besoin d’espaces de respiration, et que favoriser le bien-être au travail aura des effets positifs sur les performances de l’entreprise. Elles perçoivent aussi la méditation comme une réponse à un besoin de sens et d’apaisement. La “mindfulness”, ou “méditation de pleine conscience”, est un entraînement de l’esprit à être le plus possible dans l’instant présent. Ce travail intérieur permet de se relier davantage à l’essentiel, et à la meilleure partie de soi-même. Cela favorise aussi le lien aux autres, la qualité de travail dans les équipes, et un plus juste équilibre entre performance et bien-être.

Dominique Steiler : D’un point de vue individuel, la pleine conscience améliore la résilience des gens face à l’incertitude, mais aussi leur créativité. En outre, des recherches indiquent que la mindfulness peut permettre de mieux apprendre de ses erreurs : la méditation réduit le jugement de valeur, et permet à la personne d’avoir un regard plus bienveillant vis-à-vis d’elle-même.

Et pourquoi cela peut-il aussi se traduire par un meilleur management ?

SH : La méditation est connue du grand public pour ses bienfaits face au stress… Mais plus que cela, il s’agit d’un travail d’écoute intérieure, qui permet de prendre des décisions plus justes. Sa pratique aide à être à l’écoute d’une partie de nous-même que nous n’arrivons pas toujours à percevoir, parmi nos milliers de pensées. Car nos décisions sont en partie pilotées de manière automatique, et la pratique de la mindfulness permet d’améliorer le discernement que l’on a du contexte d’une situation vécue, et de prendre une décision plus ajustée, moins réactive.

Cela aide d’abord à une écoute plus attentive des collaborateurs : le manager qui pratique la méditation a une capacité d’écoute plus profonde. Sans cesse en réunion et assommé par les emails, il est  en ébullition mentale ; la mindfulness lui permet de réduire l’agitation de ses pensées – il a ainsi a une chance d’être plus présent à l’autre, et donc d’être davantage attentif et bienveillant.

L’idée serait aussi pour les managers de mieux gérer les conflits, d’un point de vue collectif…

DS : Les moments de stress que vit un manager dans son entreprise sont à 80 % liés à des dimensions relationnelles – des conflits, des tensions. L’un des intérêts de la pleine conscience, c’est de mieux comprendre comment on entre en relation avec les autres, afin de mieux gérer ces situations.

Le manager méditant aura de meilleures capacités à dire les choses, mais aussi à créer, dans son rôle managérial, des espaces de confiance suffisants pour que ses collaborateurs se sentent le droit de dire leur désaccord et de pointer du doigt des dysfonctionnements. Sachant que l’une des raisons du stress au travail, c’est la sensation du salarié d’être libre ou non de s’exprimer. De leur côté, les collaborateurs, s’ils pratiquent aussi la pleine conscience, seront aussi plus à même de dire les choses.

La mindfulness rend enfin la personne qui la pratique plus apte à identifier des « signaux faibles » dans leur environnement – par exemple, un manager qui ne médite pas et qui se trouve dans une relation tendue, réagira probablement en se défendant (évitement ou agression), et n’arrivera pas à capter ce qui se passe chez ses collègues ; alors que la pleine conscience permet de conserver une ouverture sur ce qui se passe dans l’environnement conflictuel, et donc de mieux gérer les conflits.

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Pour vous, la mindfulness permet aussi aux décideurs de prendre des décisions plus justes pour la société…

SH : Deux mondes s’ignorent, bien souvent : celui de la sagesse et celui des affaires. Mais la méditation est une pratique qui peut permettre de créer des ponts entre les deux. Les dirigeants peuvent prendre davantage de hauteur et avoir une vision plus profonde de la raison d’être de leur entreprise.

Car quand le décideur intègre certaines pratiques de sagesse dans son quotidien, cela finit par rejaillir positivement sur lui, ses équipes, mais aussi sur son entreprise… et le rôle qu’elle joue dans la société. Quand il ralentit et se met à l’écoute de l’essentiel, il peut alors prendre conscience que la façon dont son business est mené (“business as usual”) est essentielle. Une forte volonté altruiste d’apporter une contribution plus forte à la société peut alors émerger. Après avoir effectué ce “retour à soi”, il repart dans l’action avec des priorités différentes. Par exemple en portant plus d’attention au bien-être dans son entreprise, ou en inventant de nouveaux business models, services, produits ou modes d’organisation qui sont davantage au service de la planète ou des plus pauvres.

Peut-on parler d’un engouement pour la mindfulness dans les entreprises ? Est-ce un vrai besoin pour elles ?

SH : Je constate un intérêt croissant d’un certain nombre de décideurs pour la mindfulness, même si cela reste une minorité. Ce mouvement, loin d’être un effet de mode, correspond à un besoin fondamental, lié à l’omniprésence digitale actuelle : hyperconnectés, sans jamais pouvoir décrocher, nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir le besoin de disposer de moments de coupure, afin de nous déconnecter et de nous “reconnecter” à nous-mêmes.

DS : Se connecter à soi et à l’instant présent est une qualité présente en chacun de nous, mais d’une façon plus ou moins développée, et l’on sait que lorsqu’elle est bien développée, elle permet d’améliorer tout un ensemble de capacités chez la personne. Mais il ne peut pas y avoir d’obligation à pousser une personne à pratiquer la pleine conscience – cela doit être volontaire. Certes, de plus en plus d’entreprises pratiquent la mindfulness, notamment parce que la RSE est devenue prégnante dans leur culture, mais il faut faire très attention à la façon dont la méditation est utilisée.

Y aurait-il donc des risques de voir la méditation être instrumentalisée par certaines entreprises ?

SH : Sous la pression de la performance, certaines sociétés peuvent en effet être tentées d’utiliser la mindfulness en bout de chaîne, pour s’assurer seulement que les collaborateurs « tiennent le coup », sans réfléchir à l’organisation du travail elle-même. C’est la raison pour laquelle il est primordial que les dirigeants soient réellement impliquée dans le recours à cette pratique intérieure – s’ils en font l’expérience eux-mêmes, ils seront bien plus enclins à réfléchir sur les conditions de travail et un meilleur management, afin d’utiliser la méditation pour améliorer les choses.

DS : Le principal danger, c’est de ne pas se pencher correctement sur ce que pourrait apporter la pratique de la pleine conscience, et de croire qu’il s’agit simplement d’un outil de bien-être. On voit beaucoup d’entreprises qui l’installent dans un catalogue, comme s’il s’agissait d’un outil de bien-être, vers lequel elles risquent d’envoyer des personnes qu’elles identifient comme « n’allant pas bien », et ainsi de stigmatiser ces personnes… Tout en se dédouanant du travail à mener pour comprendre pourquoi elles ne vont pas bien – notamment des conflits entre personnes, et des dysfonctionnements organisationnels. 

Se lancer dans la méditation de pleine conscience ne semble pas simple pour un manager au planning surchargé…. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un “débutant” dans ce domaine ?

SH : De très bonnes applications mobiles, sérieuses, existent, comme Petit Bambou, ainsi que de nombreux ouvrages, afin de se « former » soi-même et de se renseigner sur la méditation de pleine conscience. Mais un manager “débutant” peut facilement trouver des ateliers et stages en présentiel, de grande qualité, comme le programme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction), qui se déroule sur 8 séances, avec une garantie de laïcité et de rigueur. Même si le temps pour pratiquer paraît impossible à trouver dans une journée chargée, 5 à 10 minutes par jour consacrées à la méditationfont déjà la différence.

 

Courrier Cadres

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Méditation : « Le bien-être, comme le violon, s’acquiert en s’entraînant »

Méditation : « Le bien-être, comme le violon, s’acquiert en s’entraînant »

Entretien avec Richard Davidson, professeur de psychiatrie à l’Université Wisconsin-Madison (États-Unis), qui s’est intéressé à la méditation. Un extrait du hors-série 196 de Sciences et Avenir.

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser à la méditation ?

En 1974, jeune diplômé de l’université de Harvard, je suis allé en Inde pour la première fois. J’avais 23 ans. Là-bas, j’ai découvert les effets que pouvait avoir la méditationsur le mental. Et j’ai eu l’intuition que cette pratique pouvait être utilisée pour apprivoiser les émotions et favoriser le bien-être. Naturellement, il y a une différence entre avoir une idée et l’étudier de manière sérieuse et rigoureuse. J’ai donc consacré trente années de ma vie à réaliser des études sur la question… et je ne suis pas près d’avoir fini !

Qu’avez-vous découvert en étudiant les différentes méditations ?

Grâce à nos travaux concernant leur impact sur le cerveau, nous avons observé que stimuler le mental conduit à des changements dans le comportement et les fonctions cérébrales. Et nous en sommes arrivés à cette conclusion : le bien-être peut être considéré comme une compétence. S’entraîner pour l’acquérir n’est pas fondamentalement différent d’apprendre à jouer du violon. Plus vous pratiquerez, meilleur vous serez dans ce domaine.

À partir de quel âge devrions-nous enseigner cette compétence ?

Le plus tôt possible ! Nous devrions enseigner aux enfants à reconnaître leurs émotions, à adopter la perspective des autres, dès l’âge de quatre ans. C’est en effet une période critique importante pendant laquelle le cerveau est particulièrement plastique, ce qui rend d’ailleurs plus aisé l’apprentissage d’une seconde langue ou d’un instrument de musique. Le moment est donc judicieux pour apprendre à s’initier aux pratiques méditatives de bienveillance. Et l’on peut continuer tout au long de sa vie, comme une hygiène personnelle. Si l’on reconnaît l’importance d’éduquer l’esprit – ce qui est au moins aussi important que de se brosser les dents -, on en prendra soin. Il suffit de quelques minutes par jour pour rendre le monde moins négatif. Vous pouvez me croire !

 Sciences et Avenir- Richard Davidson

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